Poète, prends ton luth ; c'est moi, ton immortelle / Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux / Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle / Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux / Viens, tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire / Te ronge, quelque chose a gémi dans ton coeur / Quelque amour t'est venu, comme on en voit sur terre / Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur / Viens, chantons devant Dieu ; chantons dans tes pensées / Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées / Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu / Éveillons au hasard les échos de ta vie / Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie / Et que ce soit un rêve, et le premier venu / Inventons quelque part des lieux où l'on oublie / Partons, nous sommes seuls, l'univers est à nous. (De Musset, La Nuit De Mai)
Où est le Soleil quand il fait trop nuit, Et que nulle flamme ne vient m'éclairer ? Où est ce Soleil quand plus rien ne luit, Et que dans mon coeur je ne finis d'errer ?
Où est le Soleil quand en mes pensées, Orages et tonnerre grondent tant de fois ? Où est mon Soleil quand autour de moi, Toutes mes étoiles se sont dispersées ?
Où est la chaleur de ses rayons dorés, Quand en moi le froid me prend sans un bruit ? Où est la lumière qui dit "je pourrais", Quand assis, tout seul, tous mes espoirs s'enfuient ?
Où es-tu, Soleil, viens me rendre la joie, De t'avoir ici, je n'ai pas assez ; Brillons tous les deux pour nos corps glacés, Reviens, mon étoilée, soit reine et moi roi.