Poète, prends ton luth ; c'est moi, ton immortelle / Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux / Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle / Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux / Viens, tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire / Te ronge, quelque chose a gémi dans ton coeur / Quelque amour t'est venu, comme on en voit sur terre / Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur / Viens, chantons devant Dieu ; chantons dans tes pensées / Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées / Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu / Éveillons au hasard les échos de ta vie / Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie / Et que ce soit un rêve, et le premier venu / Inventons quelque part des lieux où l'on oublie / Partons, nous sommes seuls, l'univers est à nous. (De Musset, La Nuit De Mai)
Il y eut tout d’abord l’incompréhension, Le doute laissé là par cette impression, Suite à quoi ce fut la vérification, N’ayant choix que de douter de ma vision.
Et puis commença l’étrange sensation, Cette peur au ventre qui nous fait pression, Qui monte à la gorge comme une pulsion, Et qui serre, serre, jusqu’à soumission.
Mes muscles tremblèrent comme sous tension, Et puis ce fut pareil à une ablation : Je sentis quitter mon corps, mes émotions ; Arrachées à moi, sans autre solution.
Alors vint en moi le vide, l’affliction ; Nouant mes entrailles, et toute réflexion ; La terreur immense d’une cessation, La fin radicale de toute passion.
Passèrent alors de nombreuses questions ; Des « pourquoi », des « comment cette abomination ? ». Ne trouvant mots à ces interrogations, Vint alors le temps des scarifications.
Des traits se plantèrent en moi sous l’action De la colère entamant la destruction Quasi-totale de toute compassion, Chassant de mon esprit toute abnégation.
Mon cœur lentement calma ses pulsations ; Mon esprit brisa mes vives réactions ; Je fermai les yeux, prêt à l’acceptation ; En moi ne resta qu’ultime déception.