Déchaîner


Les hauts murs fortifiés battis dans mon esprit
Semblent se rapprocher de mon cœur, sans répit
Je le sens souffrir, dans cette maigre cour ;
Je le sens tenter de crier au secours.
Mais il a peur, il efface les traces
Des coups répétés qui demandent grâce ;
Les mots pleuvent sur lui jour et nuit,
Le transpercent en secret, sans un bruit ;
Pourtant il voudrait seulement
Qu’on arrête ces châtiments ;
Une trêve salutaire,
Il supplie, genoux à terre ;
Mais sourds à ses espoirs,
Le plongent dans le noir,
Ces lames, ces pieux,
Qui font leurs adieux.
Mais malgré ça,
Au fond de lui,
Il essaye,
Il se lève,
Il veut
Crier,
Haut,
Fort.

Il veut briser ces murs,
Eventrer ses geôliers ;
Ne plus avoir à taire les cris se sa chair ;
Hurler toute sa rage, en lui confinée ;
Et ne plus se soucier, et ne plus se meurtrir,
Hurler contre ces pages, fausse destinée !
Ne plus avoir à calculer le nombre de pieds de ses vers
Et ne plus chercher les rimes indiquées.

Ne plus compter le temps restant,
Ne plus chasser tous les instants,
Ne plus
Tenter
De
Les
Combler.

Le temps, dit-on, est assassin,
Tuons donc ce vaurien.
Il nourrit ses plus noirs desseins
Avec tous nos chagrins.

Laissez-moi disposer du mien
Dont je sais qu’un bout du chemin
S’écoulera main dans la main,
Chaque jour, vers un lendemain.

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Lundi 7 mai 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie
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Commentaires

Encore une fois bravo. J'aime beaucoup ce poème.


:-)

Commentaire n°1 posté par shelleria le 07/06/2007 à 09h55
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