Gilgamesh


Roi aux milles visages et aux bras infinis,
Porteur d'une légende, d'exploits indéfinis ;
Je règne dans l'ombre de votre ignorance,
Vous, les simples humains, condamnés à l'errance ;
 
Je suis depuis les temps premiers de notre Terre,
Et, divin que je suis, je ne verrai l'enfer ;
Que depuis les coups d'épée qui terrasseront
Ceux qui, très arrogants, m'affronter, oseront.
 
Mon seul nom fait trembler jusqu'à la Terre mère ;
Est l'incarnation de mon passage éphémère ;
Raisonnant dans l'air tel un million de flammèches ;
Ecoutez ! Je ne le dirais plus : Gilgamesh !
 
Maintenant apprêtez-vous à laisser vos âmes
Car c'est ce que j'aurai dans le fer de vos lames ;
Soyez prêts, désormais, dans un ultime râle ;
Mourrez sous l'éclat de ma Fantaisie Finale !


http://www.ffcompendium.com/chara/12rw-gilgamesh-a.jpg
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Dimanche 21 septembre 2008
- Par Unpeudepoésie

Abandon

(11/04/08)

 

Un soleil gris se lève en ce jour endeuillé ;

C'est avec un soupir, la tête ensommeillée,

Que je tourne la page où se pose mon pied ;

La feuille me renvoie la blancheur du papier.

Un regard alentour, la panique m'empli ;

Où donc ai-je atterri ? Vite, je me replie

Dedans mes couvertures, au sein de ma folie.

Ai-je omis ce qui fait cette mélancolie ?

 

Ah oui ! C'est vrai, ma muse. Je l'ai délaissée.

 

C'est avec son absence que je dois dès lors

Affronter chaque jour qui s'empresse d'éclore.

Quand je regarde au ciel, je n'y vois plus son corps

Qui danse dans le vent, qui chante et danse encore ;

Je ne vois plus son doigt pointé vers l'avenir

Qui me guidais jadis, m'aidant à devenir,

Ce poète inspiré qui, même sans sourire,

Empêchait de ses mots les songes de mourir.

 

Ah oui ! C'est vrai, ma muse, où est-elle passée ?

 

L'ai-je abandonnée ma souveraine déesse,

Qui venait chaque soir, et qui de ses caresses,

Me faisait entrevoir un monde de tendresse

Où t'en es-tu allée, divine enchanteresse ?

Sans toi mes jours ne sont qu'un brouillard onirique

Dans lequel je me perds, loin des pensées lyriques,

Loin des rêves d'antan aux échos féeriques ;

Je me perds chaque jour en folies chimériques.

 

Ah oui ! Ma muse au loin, je l'avais oubliée

 

Oui, je t'ai délaissée, combien cela fait-il ?

Des mois, des décennies, des siècles inutiles,

Toute une éternité de songes infertiles

Tu m'as fait endurer, infernale et futile.

De mon sang qui coulait de ces plaies, tu mentais

En lettres rouges des mots qui me tourmentaient.

Mais, succube, aujourd'hui, cesse de me hanter ;

Avec toi mon bonheur s'en va, désenchanté.


Ah oui ? Qu'est-ce donc ? "Muse" ne me dit plus rien...


 


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Vendredi 11 avril 2008
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie

Ode au sang versé

(Hymne à la barbarie)

(08/02/08)

 

Puissiez-vous à nouveau, sainte divinité,

Purifier nos âmes de l'agressivité

Et soigner de vos vents cette calamité ;

S'il vous plait faites nous don de la charité.

 

Apaisez les tourments de vos simples servants

Dont les mains sont tachées du sang des ennemis ;

Consolez les chagrins des heureux survivants

Qui dans ces terres ont vu périr leurs amis.

 

Puissiez-vous à nouveau, sainte divinité,

Préserver nos futurs de ces atrocités

Et nous garder en paix, nous laisser méditer,

Nous laisser jouir de votre magnanimité.

 

Mais soyez assurée, face à leurs infamies,

Que tant que sur Shan-sa règnera un vivant ;

Le combat durera contre les insoumis ;

A chaque homme tombé en viendra un suivant.

 

Puissiez-vous à nouveau, sainte divinité,

Graver dans nos esprits cette ténacité

Et donner à chacun cette férocité

Pour transmettre au monde entier votre Vérité.


 

 


 

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Vendredi 11 avril 2008
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie

Eveil

(12/01/08)

 

 

Juste un rêve, un souvenir

Qui ce matin a disparu ;

Les bribes de mon avenir

Qui dans la nuit sont apparues.

 

Il me semble que ce sommeil

A duré plus que cette nuit ;

Car je n'ai plus que de la veille

Un fragment de passé d'ennui.

 

La pluie martèle ma journée,

Je sens la douleur qui me ronge ;

Dans mon cœur, semble s'acharner ;

Je sombre à nouveau dans mes songes.

 

Mon sourire est alors chassé

Par un lancement de chaleur

La douleur me fait grimacer

Cette brûlure a telle ampleur !

 

Ma main plaquée contre mon bras

Je fais taire ces hurlements ;

La douleur fuit, bon débarras,

Dans un ultime tremblement.

 

Du rouge alors à n'en finir

Inonde le monde à mes yeux ;

Tout est autour à se vernir

Du sang, de mes pieds jusqu'aux cieux.


 

 

Encore tout chaud, sur mon corps ;

Je le sens encore vivant

A mes yeux ce rouge décor ;

Je ne suis que le survivant.

 

Je reconnais alors les signes

Tracés de ce rouge de mort

Je les vois, comme des insignes,

Me rappelant à mes remords.

 

Etait-ce donc plus que des songes ?

Pourquoi me suis-je relevé ?!

Tout cela n'était que mensonges,

Pourquoi n'ai-je donc pas crevé ?!

 

Pourquoi tout ce sang répandu,

Et ces marques couvrant ma peau ;

Je me serais cent fois pendu

Pour goûter enfin au repos !

 

Rejoindre le monde onirique

Dans les bras de ma bien aimée ;

Plutôt mes rêves homériques,

Que ces trois mots tus à jamais.


 

 


 

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Vendredi 11 avril 2008
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


Néant

(08/01/08)

 

Le jour s'en est allé. Où ça ? Ailleurs, là-bas.

La nuit, je la sens près, a fini son combat.

Le jour, il est parti. Soleil a mit les voiles.

La nuit, seule, règne. Ni Lune, ni étoiles.

 

Néant est ici roi, dehors, Silence vit.

Il est ravi.

Néant couvre de sa longue tunique noire

D'anciens espoirs.

 

Evolution dans ce tunnel aux murs étroits ;

Une vie qui s'en va contre un courant d'air froid

De face, il lui parvient ; ses globes sont gelés ;

De face, mordant tel un souffle ensorcelé.

 

Il ferme ses paupières – qu'importe, s'il vit ! –

Il a envie

De continuer plus loin ; les yeux fermés, ne voir

Que son espoir.

 

« Au-delà rien ne vit », lui dit-on dans sa tête ;

« Au-delà tout se fuit, ne vivent que des bêtes ;

Prêtes à manger la chair de rêves erronés

Prêtes à vous immoler un cœur déraisonné.

 

– Mais que faire sinon avancer, votre avis ?

Inassouvi

Est mon désir, derrière ne sont que déboires ;

Et désespoirs. »


 


 

 


 

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Vendredi 11 avril 2008
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie

Pensées au vent

(02/12/07)


Alors ça y est, je suis mort.
Je ne pensais pas que ce serait aussi rapide.
Pour tout dire ; je ne m'y attendais même pas,
Mais peu importe, maintenant c'est fait.

J'avais un peu mal au début, mais c'est passé.
J'avais un peu froid, mais je suis réchauffé,
Le noir me faisait peur, mais maintenant, tout est blanc.
Blanc et noir, je ne sais plus, mais je me sens si bien…

Je me sens tellement libéré, si loin de tout le reste.
Je pourrais passer l'éternité à écouter cette musique ;
Elle est si belle, elle semble m'accompagner dans ma solitude.
Tout parait si loin, si peu important maintenant…

Je me sens voler par-dessus la terre,
Par-dessus le ciel, les mers, les océans,
Je suis si léger, mon esprit s'en va ;
Mes songes se mélangent avec la conscience
Si j'avais su que ce serait si facile…

Je dors, je rêve, je me noie dans mes songes,
Je m'aventure au sein de mes plus grandes envies
Une pensée pour ceux que j'ai laissé là-bas ;
Qu'ils ne m'en veuillent pas, mais j'ai pensé à moi.

Je vais rester ici, du moins, encore un peu ;
Le temps de m'habituer, le temps de me trouver,
Je suis un peu chez moi ici, la maison dans ma tête ;
Le royaume de mon esprit, le monde dans mon cœur.
Il y a plein de gens, et tous, ils se sourient ;
Quel bonheur sur leurs visages,
Comme on est heureux.

Bien sûr elle est là, comment ne pouvais-je la voir ?
Dans sa robe volant au vent, ses cheveux noirs s'éparpillant ;
Son sourire est divin, je me rapproche d'elle ;
« Bonjour, s'invite-t-elle, tu es enfin venu.
– Oui, je suis arrivé, il était temps, hein ? »
Ma main dans ses cheveux, que son regard est doux !
Mes lèvres doucement effleurent ses baisers,
Je la prends par la main, combien de fois j'en ai rêvé !
Nous marchons au soleil, un pas vers l'avenir.

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Mardi 8 janvier 2008
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie
Incantation : A la mort


Depuis que ses yeux ont perdu leur éclat,
Depuis que son corps a cessé d’être là,
Depuis que je ne la sens plus avec moi ;
La nuit a envahit mes plus belles saisons.

Depuis que sa bouche a cessé de parler,
Depuis que ses larmes ont cessé de perler,
Un corbeau ténébreux a volé ma voix,
De mes vœux à Morphée mes songes la raniment.

J’en appelle à vous, sombre fils de la Nuit ;
Coupables maudits de ce terrible ennui,
Vous avez ravis ce qui était ma joie
Et l’avez emmenée d’un accord unanime.

Que le temps ici bas suspende son cours !
Filles de Thémis, venez à mon secours,
De me l’enlever nul n’en avait le droit !
Nulle justice aux cieux n’en avait la raison…




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Lundi 5 novembre 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie

Ruines et Poussière


Froid comme les glaciers du plus haut des sommets
D’où s’échappent des vents dans lesquels nul ne vit ;
Aussi dur que le roc de ces monts suppliciés
Où, des pics escarpés, ne peut naître l’envie.

Plus aride que le sol des plus chauds déserts,
Mais constamment caché des rayons du soleil ;
Nulle joie n’a pu naître en ce lieu de misère,
Nulle foi n’a jamais pu garder son éveil.

D’une noirceur pareille aux confins de la nuit,
Il est tel le Néant ; aspirant la Lumière,
Et tout cri s’élevant au pays de l’ennui.
Désertées, délabrées, sont ruines et poussière.

Ne vous aventurez jamais dans cet enfer
Qui ne sait arracher de vos peurs que vos pleurs ;
Ou bien vous sombrerez, sans pouvoir en défaire,
Dans les atrocités de ce cœur qui se meurt.


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Mardi 25 septembre 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie




Le Chant du Quêteur



Mes routes me promènent à travers des contrées ;
Devant tant de beautés, d’horizons inconnus,
Tant de choses sans quoi je n’aurais rencontré
Ce pourquoi cette terre doit être connue.

J’ai beaucoup voyagé, tant de temps dépensé,
J’ai cherché sans arrêt dans ces lieux éloignés
Un trésor pour mes yeux qui saurait compenser
Celui qui en tes yeux avait pu m’empoigner.

---

Mes pas m’ont emmenés aux confins du Midi
Dans les pays brûlants des hommes de Nabù,
J’ai franchis les ravins du Portail de Nidy
Jusqu’aux côtes glacées des Neigeux du Grand Bout.

J’ai grimpé aussi haut sur les monts d’Aetos
Jusqu’à voir s’étaler, à mes pieds, une mer,
Faites de ce manteau qui nous cache Orinthos
Lorsque l’eau de ses yeux rend nos jours plus amers.

Au clair de Melinthos, j’ai chevauché la nuit,
L’accompagnant durant nombreuses de ses vies,
Sous les yeux infinis des aïeux, sans un bruit,
Joignant le Cimetière des Feux Inassouvis.

J’ai traversé l’Océan aux Quatre Horizons,
Cherchant devant mes pas ce bout d’anonymat ;
J’ai brisé les barreaux de la Terre-Prison,
Et foulé de mes pieds les terres d’Akhmaa

---

Le Berceau de la Vie a transpercé mon cœur,
Je sentais en mes veines s’écouler le sang
Qui fait pousser chaque arbre, éclore chaque fleur,
Et fait de cette terre un monde éblouissant.

Nul autre humain que moi, cet air immatériel,
A tous les horizons, ne le prenait pour proie ;
Et quand du haut d’un pic je balayais le ciel
Des yeux, je ne voyais ni les gens, ni leurs rois.

Et quand tombait le jour, que Melinthos venait,
Les enfants d’Akhmaa la couvraient le leurs chants.
Perché sur mes sommets, moi, je me souvenais ;
De ta voix, leurs mélopées, en moi s’attachant.

Mais à chaque matin où se rouvraient mes yeux,
Restaient en moi les bribes de rêves de toi,
Je savais qu’il me faudrait plus que quelques cieux
Pour atteindre ce lieu qui avait fait ton toit.

---

J’ai marché au couchant, devinant qu’Orinthos,
Qui brille chaque jour, rayonnant de beauté,
Chaque soir en laissant la place à Melinthos,
Ne pouvait qu’aller se placer à tes côtés.

Les coups des tambours du temps ne tairons jamais
Les battements de nos cœurs qui rythment nos vies
Que ces mots t’aient atteint, ou pas, je le promets ;
Je reprendrai le temps que l’on nous a ravit.

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Samedi 25 août 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


Où est mon Soleil ?



Où est le Soleil quand il fait trop nuit,
Et que nulle flamme ne vient m'éclairer ?
Où est ce Soleil quand plus rien ne luit,
Et que dans mon coeur je ne finis d'errer ?

Où est le Soleil quand en mes pensées,
Orages et tonnerre grondent tant de fois ?
Où est mon Soleil quand autour de moi,
Toutes mes étoiles se sont dispersées ?

Où est la chaleur de ses rayons dorés,
Quand en moi le froid me prend sans un bruit ?
Où est la lumière qui dit "je pourrais",
Quand assis, tout seul, tous mes espoirs s'enfuient ?

Où es-tu, Soleil, viens me rendre la joie,
De t'avoir ici, je n'ai pas assez ;
Brillons tous les deux pour nos corps glacés,
Reviens, mon étoilée, soit reine et moi roi.




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Dimanche 1 juillet 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie
http://fc03.deviantart.com/fs11/i/2006/224/1/8/Enter_the_Inferno_by_alexiuss.jpg

Aux survivants



Qu’avons-nous fait, mon frère, comment est-ce arrivé ?
Nous étions tous des hommes, même si dispersés,
Nous étions tous humains, comment est-ce arrivé ?
Qu’avons-nous fait, mon sang, celui de tant, versé.

Qui pourra dire un jour celui qui commença,
A ceux qui aujourd’hui portent un terrible poids ?
Qui pourra regarder dans les yeux ces forçats,
Et oser dévoiler, de leurs aïeux, les choix.

Tant de peuples tombés, de vies anéanties,
Tant de gravats couvrant les corps de nos amis,
Tant de sangs inondant nos mains de repentis
Que nous sommes aujourd’hui, dos à nos infamies.

Comment est-ce arrivé ? Qu’importe ce qui fut.
Aujourd’hui balayée, les terres ne sont plus.
A nous de protester, clamer notre refus,
Que ces temps infernaux ne naissent jamais plus.


L'image “http://fc02.deviantart.com/fs13/i/2007/057/5/f/apocalypse_by_olkie.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

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Vendredi 22 juin 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


Ce que ça me ferait



Tu m’as demandé ce que ça me ferait,
Pour ça sûrement je ne serais pas prêt ;
Je peux supposer, me mettre en condition,
Mais je ne peux pas trouver de solution.

Je pense d’abord qu’ainsi je resterais,
Surpris qu’ainsi tombe ce lourd couperet,
Je me dirais « pourquoi ? », ne comprendrais pas ;
Et je sentirais en moi ce lourd trépas.

« Pourquoi avons-nous traversé ce marais
Avec à nos bras nos espoirs d’un ‘après’ ?!
A quoi donc ont servies toutes ces promesses,
Si c’est bien aujourd’hui que tout cela cesse ?! »

Furieux contre mon cœur, je refermerais,
Portes et volets, je ne reparlerais,
A quiconque demandera ma santé.
Ainsi cloîtrée, murée, l’âme tourmentée.

---

Ténèbres en mon sein, privé de tout soleil ;
Eternelle insomnie, privé de sommeil ;
Mes jours comme mes nuits n’auraient de répit,
Sans cesse agités d’envahissants dépits.

Peu à peu viendraient en moi sombres merveilles,
L’espoir d’un soulagement par le réveil
En moi des douleurs qui feraient diversion,
Durant ces instants de scarifications.

Mais dedans mon coeur, ton image qui veille,
Au fin fond des nuits, n’aurait nulle pareille.
Il me faudrait alors trouver un chemin
Qui pourrait me mener vers un lendemain.

---

Empressé d’oublier, de ne plus penser ;
Je devrais tuer ces idées insensées.
Alors je noierais ma conscience en alcool,
Ou m’évaderais, élixirs qui décollent.

Mais rien ne pourrait me faire compenser,
A tes yeux nul ne pourrait concurrencer,
Et ma vie s’en irait, sans gêner autrui ;
En mon cœur mourrait, sans plus faire de bruit.

---

Alors s’imposerait, seule échappatoire,
A mon âme exilée, perdue dans le noir ;
Solution posée à mon seul désespoir,
Dans l’hiver, ma mort, tremblerait juste un soir.

---


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Mercredi 30 mai 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


Son image


Parfois quand sur elle je pose
Mon regard, je suis en osmose
Avec ses yeux, si loin, si noirs,
Je ne peux m'empêcher d'y croire.

Et puis, tout d'un coup, je me vois,
D'en haut, comme sur un sommet,
A regarder ma vie, sans voix,
Ce qui ne finira jamais.

Qu'est cette image qu'on m'envoie ?
Et qui m'a mis sur cette voie ?
Qui est celle qui, désormais,
Met ma vie entre guillemets ?

Croire en sa présence ? Je n'ose.
Je ne suis pas sûr de la voir...
Comment peut-être cette prose ?
Me parlerait-elle, ce soir ?

---

Ces mots sont-ils vraiment pour moi,
Qui provoquent tant mon émoi ?
Est-ce vraiment elle, ici bas ?
Tant affolant mon coeur qui bat ?

Pourquoi donc ai-je cette chance ?
Suis-je bien sorti de mes songes ?
N'a-t-elle pas trompé mes sens ?
Ne s'agit-il pas d'un mensonge ?

Mais elle part, dans une danse,
Déjà je ressens son absence.
Et le temps qui passe et me ronge,
Me semble-t-il qu'il se rallonge.

Combien passé ? Des jours ? Des mois ?
Son souvenir déjà s'en va...
Je le sens qui s'efface en moi,
Flottant en mon coeur de gravats.

---

Mais demain, elle reviendra,
Son souvenir reparaîtra,
Sa beauté me sera rendue,
Car je l'avais tant attendue.

Puis disparaîtra, de nouveau,
Pour revenir un autre jour,
Suivant un même renouveau,
Et m'apparaître pour toujours.

---

Et pour la vie, ainsi, viendra jusqu'à moi celle
Que chaque jour mes yeux verront encor' plus belle.



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Jeudi 24 mai 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


La vérité



Il y eut tout d’abord l’incompréhension,
Le doute laissé là par cette impression,
Suite à quoi ce fut la vérification,
N’ayant choix que de douter de ma vision.

Et puis commença l’étrange sensation,
Cette peur au ventre qui nous fait pression,
Qui monte à la gorge comme une pulsion,
Et qui serre, serre, jusqu’à soumission.

Mes muscles tremblèrent comme sous tension,
Et puis ce fut pareil à une ablation :
Je sentis quitter mon corps, mes émotions ;
Arrachées à moi, sans autre solution.

Alors vint en moi le vide, l’affliction ;
Nouant mes entrailles, et toute réflexion ;
La terreur immense d’une cessation,
La fin radicale de toute passion.

Passèrent alors de nombreuses questions ;
Des « pourquoi », des « comment cette abomination ? ».
Ne trouvant mots à ces interrogations,
Vint alors le temps des scarifications.

Des traits se plantèrent en moi sous l’action
De la colère entamant la destruction
Quasi-totale de toute compassion,
Chassant de mon esprit toute abnégation.

Mon cœur lentement calma ses pulsations ;
Mon esprit brisa mes vives réactions ;
Je fermai les yeux, prêt à l’acceptation ;
En moi ne resta qu’ultime déception.


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Mercredi 9 mai 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


Déchaîner


Les hauts murs fortifiés battis dans mon esprit
Semblent se rapprocher de mon cœur, sans répit
Je le sens souffrir, dans cette maigre cour ;
Je le sens tenter de crier au secours.
Mais il a peur, il efface les traces
Des coups répétés qui demandent grâce ;
Les mots pleuvent sur lui jour et nuit,
Le transpercent en secret, sans un bruit ;
Pourtant il voudrait seulement
Qu’on arrête ces châtiments ;
Une trêve salutaire,
Il supplie, genoux à terre ;
Mais sourds à ses espoirs,
Le plongent dans le noir,
Ces lames, ces pieux,
Qui font leurs adieux.
Mais malgré ça,
Au fond de lui,
Il essaye,
Il se lève,
Il veut
Crier,
Haut,
Fort.

Il veut briser ces murs,
Eventrer ses geôliers ;
Ne plus avoir à taire les cris se sa chair ;
Hurler toute sa rage, en lui confinée ;
Et ne plus se soucier, et ne plus se meurtrir,
Hurler contre ces pages, fausse destinée !
Ne plus avoir à calculer le nombre de pieds de ses vers
Et ne plus chercher les rimes indiquées.

Ne plus compter le temps restant,
Ne plus chasser tous les instants,
Ne plus
Tenter
De
Les
Combler.

Le temps, dit-on, est assassin,
Tuons donc ce vaurien.
Il nourrit ses plus noirs desseins
Avec tous nos chagrins.

Laissez-moi disposer du mien
Dont je sais qu’un bout du chemin
S’écoulera main dans la main,
Chaque jour, vers un lendemain.

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Lundi 7 mai 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie

Un papier pour sa majesté



Beaucoup de jours ont défilé sur ces terres abandonnées
Depuis notre dernière lune – que dis-je « de jours », des années.
Des années que j’ai vu passer, qui m’ont semblé éternités,
A traverser des océans, des continents, des mondes entiers.

Le Soleil se lève toujours, et la nuit, fidèle, le suit ;
Mes souliers m’ont tant promenés que je doute qu’ils eurent fuit,
Dans les décennies à venir, face au roi suivant sur mes pas.
Si tu savais combien d’entre eux ma lame a couché au trépas.

Mais rien n’est plus pareil sans toi, et le sang de nos ennemis
Sur mes mains n’a plus cet éclat qui ravissait nos infamies.
Mes nuits sont seules et désolées, et mes yeux plongés dans le noir
Ne voient plus ces larmes au ciel, astres nourrissant nos espoirs.

Durant les premières années j’ai cru devoir, pour t’oublier,
M’éloigner de toi autant que les lunes le sont de nos pieds,
Mais le jour où, finalement, je suis parvenu à ces fins,
Les ténèbres du Bout du Monde n’ont pas pu taire ma faim.

Ne souffrant que trop de t’aimer, j’ai donc choisi de continuer
De l’autre côté de ces murs, où les trépassés sont nuées,
Espérant qu’avec ses bourreaux, la mort saurait me libérer,
Mais comme un intrus en Enfer, nul n’a pu me faire enterrer.

C’est alors que de la voix rauque d’un soldat décapité
Qui avait tristement péri dans des terres d’extrémité
J’ai entendu narrer la vie d’un empereur qui a souffert
Conquit par une impératrice dite fille des enfers ;

Mes yeux se sont alors ouvert au cœur de cette nuit sans fin
 Car immédiatement j’ai su, et mon âme a crié « enfin ! ».
Ainsi tu étais parvenu à te hisser en haut d’un trône,
Toi qui avec moi dans le temps tuais les rois pour leur couronne.

Je suis finalement sorti de ces territoires funestes,
Et je ferais désormais tout pour qu’à jamais, en moi, tu restes.
Le chemin qui me conduira jusqu’à toi durera des mois
Mais je sais que tu m’attendras, car désormais tu n’as que moi.

Une fois réunis enfin, nous règnerons sur toute vie,
Et nulle tête couronnée n’empêchera plus nos envies.

Quand il n’y aura plus de rois, et que tu tiendras dans tes mains
La dernière couronne sur la terre des êtres humains ;
Tu seras le dernier trophée de notre règne à son sommet,
Et de ma main, ta vie ôtée, règnera en moi, à jamais.


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Lundi 30 avril 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


Avoir Aimé



I

Quand de cet infini séjour
J’aurai atteint les derniers jours ;
Quand, devant l’abîme géant,
Je serai au bord du néant ;

Avant que la faux, tournoyante,
De la mort, vienne, imprévoyante ;
Je prendrai le temps, sans effroi,
De regarder derrière-moi.

Sûr’ment y verrai-je noircir
L’océan de mes souvenirs ;
Sur l’horizon, toujours le vrai ;
Et sur le fond, tous mes secrets.

Quels choix faits dans mes carrefours ?
Où m’ont mené tous ces détours ?
Suis-je resté un fainéant ?
Toujours le même mécréant ?

Souvenir des années brillantes
Et de mes fuites inconscientes ;
Constat des peines et des joies,
Le bonheur, y ai-je eu le droit ?

Sûr, qu’il y aura des sourires,
Parfois peut-être mêm’ des rires !
Obligé, qu’il y ait des regrets,
Finalement, aucun progrès…

Je me dirai : « J’aurais aimé… »
Et je listerai ces « jamais » ;
Après quoi, gardant liste en main,
Je pourrais programmer demain.

Tout y sera, tous mes ratés ;
Tout ce que je n’ai pas tenté,
Tout ce que je n’ai pas osé ;
Sera sur ce papier, posé.

Me souviendrai-je de chacun ?
Ou me dirai-je, « il en manque un » ?
« Par oubli ? Ça ce pourrait bien.
Par peur… ? » Il y en aura combien…

Mais que seront-ils, désormais,
Ces souvenirs faisant sommets ?
Auront-ils été dans mes mains ?
Auront-ils suivis mon chemin ?

« Ces souvenirs qui me hantaient
Comment, si haut, sont-ils montés ? »
Je me vois bien m’interroger,
Par ces années, ankylosé.

Mais de ces brins de vie : aucun,
Même essayant d’n’en trouver qu’un ;
« En ce cerveau ne reste rien,
Pas même pour un historien »

En ces mots, recroquevillé,
Il sera aisé d’oublier.

II

Mais dans les pages effacées
De ma mémoire fracassée
Me restera ton souvenir
Et le rêve d’un avenir

Et même si, les derniers jours,
L’escorte des regrets m’entoure,
Nul besoin de « j’aurais aimé »,
Car à la fin, j’aurai Aimé.


merci
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Mercredi 14 mars 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie

Force mythique aux reflets éthyliques



La chaleur de mon corps fait transpirer ma peau.
Autour de moi j’entends, de la nuit, le tempo.
Il fait très noir, c’est vrai, mais le feu nous anime.
Il fait froid, c’est un fait, mais nous, immunisés,
Avons trouvé l’outil pour nous diviniser.

Je m’arrête, un instant, mets ma main en appui ;
Je laisse se fermer mes yeux ouverts depuis.
Je sens dans tout mon corps, au fond de mes abîmes,
Les danses effrénée de mon sang qui accourt.
Tout semble se mouvoir au rythme des tambours.

Les chants tribaux m’entraînent à danser sur mon sort,
Comme des Walkyries, sans cesse galopants,
Sous la charge rythmée par le marteau de Thor,
Qui à vive cadence secoue mes tympans.

Entre mes os s’écoule le Nectar divin ;
Je possède en mon bras la force d’Héraclès ;
Prêt à pousser les mers, rapprocher les ravins,
Et libérer Atlas de sa tâche céleste.

De ma bouche les mots coulent comme les flots
Du Styx, se déversant, au royaume d’Hadès.
Je me sais assez fort pour vaincre mes sanglots,
La Muse à mes côtés apaise ma tristesse.

Ô feu béni des dieux ! Vient me désaltérer !
Que ne s’assèche point mon envie de danser !
Ô ! Sers moi de ce philtre ! Vient me déterrer !
Et que cesse à l’instant mes envies de penser !


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Dimanche 14 janvier 2007
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


La Voyageuse


Quand je l’ai rencontrée une première fois,
Sur le bord d’une route où j’allais autrefois,
Elle allait, sans un mot, sans même un sac à dos,
Marchant vers le soleil, elle allait sans fardeau.

Je me suis arrêté, et lui ai demandée
En allant par ici, où elle se rendait.
Elle m’a soufflé que de sa destination,
Ses pieds bien entraînés ne faisaient attention.

Je lui ai bien proposée de l’accompagner,
Mais du temps qui passait elle ne se souciait
Elle m’a répondu sur un ton offensé :
« Je n’ai besoin de personne pour avancer ».

Elle a donc suivit le Soleil qui descendait,
Sans se préoccuper de ce qui l’attendait.
Moi j’ai repris la route sans perdre de temps,
J’avais bien trop à faire de celui restant.

---

Je l’ai revue un jour d’été qui se levait,
Me reposant alors au café – je buvais –,
D’une aire d’autoroute, jetant un œil inquiet
A l’heure qui tournait l’aiguille à mon poignet.

Elle était plus jolie que lors de ces pensées
Où je la revoyais dans des lieux insensés,
Je ne pouvais pas retomber dans ma détresse,
Sans connaître son nom, connaître son adresse.

Je l’ai rattrapée peu avant qu’elle ne fuie,
Avant que ses grands pas l’emmènent sans un bruit ;
Mais quand ma main a voulu attraper ses doigts
Ils n’ont fait que traverser quelque brouillard froid.

« N’essaye pas, jamais… », put-elle me souffler
Avant que tout son corps ne se soit essoufflé
«… d’attraper celle qui ne peut être tenue,
ne peut être gardée là où elle est venue.

Je n’ai ni numéro, ni endroit où aller,
Je n’ai pas même un nom qui puisse m’appeler.
J’emmène à mes côtés ceux qui ont le courage
De saboter leur vaisseau pour faire naufrage ;

De laisser derrière eux leurs prisons de cristal,
Et d’oublier tout ce qui semble capital.

Beaucoup de prisonniers ne savent qu’y penser,
Et restent là, coincés, ne sachant avancer.
Beaucoup de leurs aînés ne savent qu’en parler,
Alors que dans leurs cœurs ils devraient le hurler.

Mais dans leur vérité, je ne suis qu’inconscience,
Je suis l’incarnation de toute imprévoyance.

Je suis le noir autour de leurs vies enterrées,
Le noir loin à l’écart de leurs coins éclairés.

Ceux qui ont peur, jamais, ne pourront déserter,
Mais ceux qui me côtoient me nomment Liberté. »


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Vendredi 8 décembre 2006
- Par Unpeudepoésie - Publié dans : unpeudepoesie


Quel monde



De la Terre, ils pillent le sang,
Qui n’est pas corne d’abondance,
Et tout ça, au nom de l’argent,
De ces gens pleins de suffisance ;

Le cœur d’un égoïsme immonde,
Je n’appartiens pas à ce monde.

Ils sont tous là, semblant errer,
Survivant pour gagner leur vie,
Une vie bien rangée, carrée,
D’où ne sort plus rien, nulle envie ;

Une existence moribonde,
Je n’appartiens pas à ce monde.

Ils abandonnent leurs idées,
Les jugeant que trop déplacées,
Par la réalité, vidés,
Ils oublient leurs rêves passés ;

Une désillusion profonde,
Je n’appartiens pas à ce monde.

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Vendredi 3 novembre 2006
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